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Voici 5 raisons d’avoir honte après le vandalisme des affiches contre le VIH

Voici 5 raisons d’avoir honte après le vandalisme des affiches contre le VIH

Nettement moins sexualisées que de nombreuses publicités mettant en scène hommes et femmes dénudés dans des postures lascives. Pourtant, la campagne nationale SexoSafe contre le VIH avec des hommes – habillés – qui s’enlacent est jugée «  pornographique  », «  adultère  » ou « monstrueuse  ». Au point que plusieurs dizaines de sucettes et abribus en France ont été vandalisés ce week-end, recouverts de peinture blanche ou de scotch noir par de bien tristes sires. Voici pourquoi ils devraient avoir honte.

1) Parce que c’est homophobe

Des milliers  d’affiches sont installées partout dans le pays  mais seules celles de SexoSafe ont été visées. Ajoutez à ça les demandes de retrait (une pétition a recueilli plus de 30 000 signatures) et les commentaires critiques, voire les insultes, des militants de la Manif pour tous sur internet… Et paf, ça fait des homophobes.

«  C’est la question de la visibilité d’un couple d’hommes qui pose problème, souligne Olivier Nostry, président d’Exaequo, une association LGBT marnaise. C’est une négation, une haine de qui nous sommes. » La présidente de la Licra de Châlons, Nelly Beaufort, ne dit pas autre chose : «  Appelons un chat un chat : c’est ici l’homophobie qui s’exprime. »

2) Parce que c’est risqué

«  Le vandalisme consiste à dégrader (…) volontairement le bien d’autrui, pour son seul plaisir ou dans un but de nuisance. » C’est la loi qui le dit et peinturlurer ces affiches, c’est du vandalisme. Un délit qui peut être puni d’une amende de classe V, au maximum 1 500 €, et d’un travail d’intérêt général. «  Avec l’incitation à la haine et l’homophobie, la peine peut être encore plus lourde  », explique Nelly Beaufort. Une source judiciaire ajoute que, commis en réunion, l’acte peut théoriquement coûter 2 à 5 ans de prison et entre 30 000 et 75 000 € d’amende.

3) Parce que ça donne encore plus de visibilité à la campagne

Dégrader ces affiches, c’était le meilleur moyen pour attirer l’attention sur elles. Ceux qui n’y auraient jeté qu’un œil distrait prennent le temps de les regarder. Et les appels à diffusion sont nombreux : « Quelques-uns refusent de voir deux hommes ensemble, veulent censurer cette campagne ? Partagez-la !  », a ainsi tweeté la ministre de la Santé Marisol Touraine.

4) Parce qu’il faut nettoyer et payer

Pas de facture pour la Sitac mais pour l’entreprise JC Decaux, propriétaire des abribus et sucettes, qui a rapidement fait disparaître les dégradations.

Rapidement et discrètement : la société n’a aucun commentaire à faire, ni sur la quantité de mobilier urbain touché, ni sur le prix du nettoyage. On peut néanmoins supposer qu’il n’est pas effectué à titre gracieux.

5) Parce que c’est bête et lâche

«  C’est une campagne contre le sida, pas contre l’homophobie !  », déplore Olivier Nostry. D’où le sentiment de bêtise et de tristesse qui se dégage des dégradations. «  C’est violent et inquiétant  », abonde Nelly Beaufort. Nous sommes bien en 2016 et pourtant. Montrer deux hommes ensemble entraîne une expédition pour saccager cette représentation. Pendant la nuit. De façon anonyme. Une certaine idée du courage…

La campagne : Trois affiches, trois slogans,

trois situations, pour informer « sur la prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ».

Cette campagne et le site Sexosafe.fr sont gérés par Santé publique France, un établissement public sous tutelle du ministère de la Santé.

Rien d’une quelconque« propagande » donc, mais bien un message de santé publique.

 


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